Toulouse marquait le premier essai par Servat (18e), après une percée de Kelleher qui fusillait Mignoni juste après le quart d'heure de jeu. Mais Rougerie applatissait quatre minutes après, sur un cafouillage du ballon sur la ligne toulousaine. A une pénalité de James (13e) répondait Elissalde (32e). A 10-10 à la mi-temps, score maigre au vu des intentions de part et d'autres, le match ne choisissait pas son camp. Mais la seconde mi-temps voyait Toulouse prendre l'avantage à la 56e minute grâce à une pénalité d'Elissalde (13-10), puis sur un essai de Médard issu d'une relance de 80 mètres (20-10, 63e) réalisée par des Toulousains aussi opportunistes qu'efficaces. Toulouse enfonçait le clou par une pénalité de Kunavore, avant un essai -inutile- du Clermontois Zirakashvili après la sonnerie.
Le mérite des nouveaux rois de France n'en est que plus grand. S'imposer au terme de cette course à handicaps, de cet invraisemblable marathon de 37 matchs (et un peu plus encore pour les nombreux internationaux sur la brèche depuis un an pour cause de Coupe du monde), relève bien de l'exploit. «On a gagné malgré tous nos soldats tombés au feu», souligne Guy Novès, les yeux rougis par l'émotion. Tombés au champ d'honneur, Clément Poitrenaud, Vincent Clerc, Yannick Nyanga... Mais pas Jean-Baptiste Elissalde.
La raison aurait voulu que le demi d'ouverture, côtes fracturées, se lamente en tribunes. La douleur en bandoulière, le héros a préféré tenir sa place. Un supplément d'âme qui explique beaucoup de choses. Samedi soir, le dépassement de soi, le mental immarcescible était toulousain. «Pour les blessés, les remplaçants, les recalés, il était impossible de passer à côté, de se trahir», s'exalte Cédric Heymans.
Les deux clubs s'étaient déjà affrontés par trois fois en finale, avec trois victoires de Toulouse (1994, 1999, 2001) sans que jamais les "Jaunards" ne l'emportent sur l'expérience toulousaine. Et de quatre. Toulouse, jamais titré depuis sept ans en France et qui avait échoué en mai en finale de Coupe d'Europe face au Munster (13-16), ajoute enfin une ligne pour une génération de joueurs qui méritaient eux aussi le Bouclier de Brennus. Clermont, qui attendait désespérément son premier titre après huit finales malheureuses, et dont beaucoup pensaient que c'était l'année ou jamais, échoue encore. Et toujours.




